Du Ronflement aux apnées

Ronflements ou apnées ?

Ronflements ou apnées ?

Le ronflement est défini comme un bruit respiratoire produit par les vibrations du voile du palais et des parois pharyngiennes sous l’effet du flux aérien rendu turbulent par le rétrécissement des voies aériennes supérieures.

Un tiers de la population ronfle. Cette fréquence augmente avec l’âge (elle est maximum entre 50 et 70 ans) et est favorisée par différents facteurs comme le surpoids, le tabac, l’alcool et les somnifères.

Le bruit produit peut aller jusqu’à 80 décibels soit l’équivalent d’une rue à grande circulation, et pousse fréquemment le conjoint à demander une consultation.

Cependant même si le ronflement reste souvent seulement considéré comme une nuisance sonore, il constitue en fait l’étape initiale du continuum menant au syndrome d’apnée du sommeil et mérite donc une attention particulière. Le syndrome d’apnée du sommeil a une fréquence dans la population entre 4 et 10%.

Même si les ronflements avec des pauses respiratoires constatés par le conjoint, les réveils nocturnes avec la sensation d’étouffement, les mictions nocturnes, le sommeil non réparateur avec fatigue et la somnolence dans la journée sont évocateurs d’un syndrome d’apnée du sommeil (SAS), aucun ne sont spécifiques et permettent de poser un diagnostic.
Seul l’enregistrement par polysomnographie ou polygraphie ventilatoire permet de poser le diagnostic de SAS.

Plus de 95% des patients souffrant d’apnées du sommeil ronflent mais la proportion des ronfleurs ayant un syndrome d’apnée du sommeil est plus difficile à évaluer. Il est pourtant important de faire la différence entre un ronflement simple et un SAS du fait des conséquences cardio-vasculaires, métaboliques et accidentelles de ce dernier.

Il est ainsi recommandé d’éliminer un SAS associé à tout ronflement dès lors que le patient est demandeur d’une correction de celui-ci, à fortiori si des signes évocateurs sont associés. Les possibilités thérapeutiques du ronflement sont nombreuses. Elles dépendent de l’origine et de la sévérité du ronflement. Cependant, que le ronflement soit associé ou non à des apnées, le traitement proposé doit toujours être associé à des règles hygiéno-diététiques visant à réduire les facteurs favorisant le ronflement (perte de poids, arrêt du tabac, suppression de l’alcool le soir avant le coucher, arrêt des hypnotiques…).

Pour un ronflement simple, le traitement dépendra notamment de l’examen clinique. Le traitement d’une obstruction nasale pourra être bénéfique pour certains patients. Le traitement positionnel peut aider les personnes ayant un ronflement prédominant en décubitus dorsal. Les traitements par chirurgie, radiofréquence ou d’orthèse dentaire de propulsion mandibulaire peuvent aussi être des solutions dans certaines indications.

Pour les ronflements avec apnées, le traitement pourra reposer sur la ventilation à pression positive, l’orthèse d’avancée mandibulaire ou la chirurgie en fonction des cas (voir les traitements du syndrome d’apnées du sommeil).

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