Les autres causes de somnolence et de fatigue

La présence d’une somnolence, signe le plus fréquemment retrouvé dans le syndrome d’apnées du sommeil, ou celle d’une fatigue, ne signifie pas qu’il existe à coup sûr un syndrome d’apnées. D’autres pathologies s’accompagnent de ces symptômes.

La dépression

La dépression se traduit par une fatigue permanente, des troubles du sommeil et de l’appétit avec retentissement sur le poids (perte ou gain de poids). Le déprimé se plaint souvent des douleurs corporelles (mal de tête, douleurs dans la poitrine, douleurs musculaires…). Son humeur  est dépressive avec un pessimisme et une vision négative de l’existence, de soi-même, de l’avenir. Au delà de la tristesse, il peut même y avoir des idées noires et des pensées de mort (idées suicidaires, plans ou tentatives de suicide). L’anxiété est quasiment constante et d’intensité variable.

depressionLa personne dépressive a un sentiment de dévalorisation ou une culpabilité excessive ou inadaptée. Elle est incapable de s’intéresser aux choses ou à prendre du plaisir comme à l’habitude. Il y a un ralentissement avec une difficulté à agir (problèmes pour démarrer une activité sur le plan physique) et à penser (problèmes de concentration et de mémoire, indécision). Le mal-être est tel que la personne à tendance à se replier sur elle-même avec une difficulté à communiquer et le sentiment d’être incompris.

Les troubles du sommeil sont fréquents dans la dépression, de 65 à 75% des déprimés se plaignent d’insomnie ou d’hypersomnie ou des 2. Trois quarts des déprimés se plaignent de problèmes d’endormissement ou de maintien du sommeil. Il existe souvent une somnolence diurne ce qui n’est pas habituel dans l’insomnie courante non dépressive, où , au contraire, la personne n’arrive pas du tout à faire la sieste. Le sommeil est vécu comme non récupérateur en particulier le matin au réveil. Des siestes sont possibles surtout le week-end mais elles n’apportent pas le bien–être espéré.

Les hypersomnies

– La narcolepsie ou maladie de Gélineau
Elle débute le plus souvent à l’adolescence mais peut se déclencher plus tardivement. Maladie rare, elle touche néanmoins une personne sur 2000 en Amérique du Nord et en Europe alors qu’au Japon, elle serait de 1 pour 600.
Cette maladie se traduit par des accès de sommeil incoercibles qui surviennent d’une manière inopinée quelles que soient les circonstances (en travaillant, en parlant à quelqu’un, en bricolant, en mangeant…). Dans sa forme la plus typique, il y a également des accès de chute brutale du tonus musculaire (on parle de cataplexie) déclenchée par les émotions : fou rire, surprise, colère, excitation… Peuvent être associées des hallucinations hypnagogiques : ce sont des images, des sons, des impressions (sensation de présence étrangère), perception corporelle étrange… qui surviennent quand la vigilance baisse, en pleine journée ou au moment du coucher. Ou bien encore des paralysies du sommeil : impression d’être paralysé alors qu’on se réveille de son sommeil et qui correspondent à un éveil incomplet qui survient en sommeil paradoxal.
Il existe une composante génétique : 98 % des personnes qui ont une narcolepsie ont un type tissulaire HLA DQB1 06-02 (système de marqueurs immunitaires) spécifique. Au cours de ces dernières années, on a pu montrer que 90 % des personnes atteintes de narcolepsie ont une absence d’une protéine, l‘hypocrétine (ou orexine), dans le liquide céphalo-rachidien.
Le traitement de la narcolepsie consiste tout d’abord à apprendre à contrôler ses émotions et à s’organiser pour pouvoir faire une à plusieurs siestes à des moments stratégiques de la journée. Ces mesures de bon sens ne sont pas toujours suffisantes et des médicaments existent. Des stimulants de la vigilance comme le Modafinil (Modiodal) ou la méthylphénidate (Ritaline) sont utilisés pour lutter contre la somnolence et certains antidépresseurs donnent de bons résultats pour contrer les accès de cataplexie.
Une narcolepsie peut-être associée à un syndrome d’apnées du sommeil.

– L’hypersomnie idiopathique:
C’est une maladie qui se traduit par des accès de sommeil plus progressifs que dans la narcolepsie, mais qui entraîne des siestes souvent de très longue durée et non reposantes.
Le sommeil de nuit est habituellement perçu comme bon et très calme, mais le réveil est difficile : on parle « d’ivresse du sommeil ».
L’hypersomnie idiopathique se traite comme la narcolepsie avec du Modafinil (Modiodal) ou méthylphénidate (Ritaline). Les besoins de sommeil sont à respecter. La privation de sommeil accentue la somnolence. Malheureusement la sieste n’apporte pas, comme dans la narcolepsie, une restauration de la vigilance.
L’origine de cette maladie est inconnue.

Le syndrome des jambes sans repos

Ce syndrome touche 7 à 11% des adultes, plus souvent les femmes que les hommes, et sa fréquence augmente avec l’âge. Le diagnostic est surtout clinique et repose sur la présence de 4 critères prinicipaux :
– Un besoin irrésistible de bouger les jambes, associé le plus souvent à des sensations désagréables des extrémités,
– qui s’aggrave au repos, en position assise ou allongée,
– qui augmente en soirée et au cours de la nuit,
– qui est soulagé, au moins temporairement, par les mouvements, la marche, le fait de se frotter les jambes.
La cause du SJSR est souvent familiale et serait liée à la perturbation d’un neurotransmetteur, la dopamine. Certaines formes sont secondaires à un déficit en fer (lié à un déficit en dopamine), à une grossesse ou à d’autres pathologies (diabète, polyarthrite rhumatoïde, insuffisance rénale…).
Le patient ressent des sensations pénibles, inconfortables et très désagréables au niveau des pieds, des jambes et plus rarement des bras ou d’autres parties du corps. Ces sensations surviennent au repos, particulièrement en fin de journée et en position allongée (dans le lit).
Ce sont souvent des fourmillements, des sensations de brûlures, de décharges électriques, de tension, d’agacement, d’impatiences qui deviennent tellement pénibles et inconfortables qu’elles suscitent une envie irrésistible de bouger les jambes ou de se lever et de marcher pour atténuer l’inconfort.
Le sommeil est non reposant avec une fatique et parfois une somnolence dans la journée.
Ce syndrome est parfois associé au syndrome d’apnées du sommeil .
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