Définition des événements respiratoires

Pour les apnées obstructives :

Lors de l’apnée, le passage de l’air dans les voies aériennes supérieures est bloqué par un obstacle qui se forme plus ou moins profondément au niveau du fond de la gorge, favorisé à la fois par la bascule de la langue en arrière et par l’abaissement du voile du palais et de la luette. Cet obstacle peut-être aggravé par un blocage au niveau des voies nasales (le nez se bouche) qui ne survient que pendant le sommeil ou être plus ou moins permanent.

Différentes conditions particulières ou modifications morphologiques du cou et du bas du visage favorisent la création des apnées :

  • Deux formes de visage prédisposent aux apnées du sommeil, un visage mince et étroit qui s’accompagne d’un rétrécissement latéral des espaces pharyngés, c’est-à-dire du fond de la gorge, ou un visage avec un menton en retrait et fuyant qui se traduit au niveau du pharynx par une fermeture plus importante car la langue est repoussée vers l’arrière.
  • De grosses amygdales, un voile du palais épais ou plongeant, une grosse langue, une infiltration du pharynx par de la graisse en cas de prise de poids, jouent le rôle déclencheur ou aggravant d’un syndrome d’apnées du sommeil.
  • L’âge contribue à accentuer les apnées car les tissus du fond de la gorge sont moins toniques et s’affaissent plus facilement lors de la respiration, et particulièrement pendant le sommeil où les tissus sont beaucoup plus relâchés qu’à l’éveil.
  • L’obésité qui peut, à elle seule, provoquer un syndrome d’apnées : la langue, le pharynx sont en effet infiltrés par de la graisse, et les espaces aériens normalement dévolus au passage de l’air sont rétrécis. L’augmentation de la taille du cou, donne une bonne indication de la répartition des graisses et est un excellent indicateur de risque de syndrome d’apnées du sommeil. Chez les messieurs qui portent des cravates, l’obligation de changer de taille de chemise est un signe d’alerte !
  • Un œdème des voies aériennes contribue à augmenter les événements apnéiques. En effet, lors des apnées, les tissus du fond de la gorge, dont la luette, sont littéralement aspirés et subissent des microtraumatismes qui, au bout de quelques jours de respiration difficile, se traduisent par l’apparition d’un œdème qui réduit encore l’obstruction lors du passage de l’air.
  • Le fait d’être un homme expose plus aux apnées que d’être de sexe féminin. Il a été montré que la répartition des graisses diffère chez la femme et l’homme. Chez les hommes, la graisse se dépose principalement dans le haut du corps et du tronc, tandis que chez les femmes, elle se situe essentiellement dans le bas du corps et les extrémités. Des facteurs hormonaux sont impliqués dans cette répartition des graisses, ce qui explique que les femmes deviennent tout autant à risque que les hommes après la ménopause.
  • Des facteurs génétiques : la morphologie du visage et des voies aériennes supérieures sont sous l’influence de l’hérédité. De ce fait, la découverte d’un syndrome d’apnées du sommeil chez une personne va souvent de pair avec la mise en évidence des mêmes problèmes chez l’un de ses proches, parents, enfants, frères et sœurs.

Pour les apnées centrales :

Elles se traduisent par une pause respiratoire sans aucun effort des muscles inspiratoires car c’est la commande nerveuse qui ne se déclenche pas.

Leur cause est le plus souvent liée à des apnées centrales secondaires à des lésions du système nerveux central (notamment le tronc cérébral, zone du cerveau qui est impliquée dans la régulation du contrôle de la respiration): accident vasculaire, envahissement par un cancer, traumatisme (contusion, chute, accident de voiture…), et parfois à un trouble cardiaque ou rénal. Elles peuvent survenir en altitude, au-delà de 3 000 mètres, mais il s’agit dans ce cas d’une adaptation normale de la respiration à l’altitude qui s’accompagne néanmoins d’éveils fréquents et d’une sensation de fatigue.

Certains syndromes d’apnées centrales du sommeil sont liés à la prise de drogues morphiniques ou de leurs substituts utilisés dans le sevrage des toxicomanes (méthadone).

Les apnées centrales peuvent prendre un aspect périodique avec des pauses alternant avec une ventilation exacerbée, on parle de respiration périodique de type Cheyne-Stokes qui survient en même temps qu’un trouble médical sévère : insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral ou insuffisance rénale.