Apnées, diabète et maladies cardiovasculaires : Des facteurs de risques partagés

Le Syndrome d’Apnées du Sommeil non traité peut avoir d’importantes conséquences cardiovasculaires sur le long terme : les apnées récurrentes entraînent une activation plus importante du cœur et des vaisseaux, ces efforts répétés les endommagent, ce qui augmente les risques d’accident cardiaque ou vasculaire.

En 2007, un groupe de travail de la Fédération Internationale du Diabète (FID) s’est penché sur les possibles liens entre les troubles respiratoires du sommeil et le diabète de type 2, qui constitue également un facteur de risque reconnu pour les maladies cardiovasculaires. Ce diabète se définit par une résistance à l’insuline.

Au niveau mondial, le diabète de type 2 touche actuellement environ 250 millions de personnes, ce nombre est en augmentation, si bien qu’en 2025 on s’attend à ce qu’il en atteigne 380 millions (1,2). Chaque année 4 millions de personnes succombent des conséquences de ce diabète (1,2).

En ce qui concerne le SAS, le diagnostic  est  moins diagnostiqué, car le public et même les professionnels de santé n’y sont pas sensibilisés de manière suffisante. On sait en revanche qu’il a plus de chances de se développer chez les hommes (24% d’entre eux sont atteints contre 9% des femmes (2,3) ) âgés de plus de 40 ans (3,4) et en surpoids.

Les personnes sujettes aux apnées présentes fréquemment un diabète de type 2, une maladie cardiovasculaire ou une obésité, Il est même probable que la moitié de celles qui sont atteintes du diabète de type 2 présentent un trouble du sommeil, et presque un tiers un SAS (4-8), on estime par ailleurs que 40% des patients apnéiques seront un jour touchés par le diabète de type 2 (5,6,9,10)

Le diabète de type 2 a ceci de commun avec le SAS qu’il peut rester non détecté pendant des années, car il est asymptomatique. Il est pourtant la forme la plus courante de diabète, avec 85 à 95% des diabètes dans les pays développés (cette proportion est encore plus importante dans les pays en développement). Son développement est dû à la fois à des facteurs génétiques, à l’obésité, au régime alimentaire, et il peut avoir des complications graves.

L’obésité peut donc paraître un lien plausible entre SAS de diabète de type 2, elle est présente et joue un rôle dans les deux pathologies, mais un nombre croissant d’études indiquent que ces liens ne dépendent pas exclusivement de l’obésité (7,8,9,15,16,17).

Le SAS peut-il induire le développement d’un diabète de type 2 ?

Le ronflement peut être un facteur de risque de développement du diabète de type 2 (10,11 ,17,18), mais dans ces études la présence d’un SAS n’était pas objectivement mesurée.

Grâce aux polysomnographies (qui objectivent la présence d’un SAS) on a pu déterminer que les apnées du sommeil ont chez les hommes un retentissement sur le métabolisme glucidique (12,13, 19,20), en revanche, elles ne constituent pas un signe avant-coureur suffisant du développement du diabète de type 2 (5,9).

Les arrêts respiratoires causés par le SAS entraînent une hypoxie et une fragmentation du sommeil, ce qui a pour effet de mettre le corps dans un état de stress physiologique, pouvant influer sur le métabolisme glycémique et la résistance à l’insuline (14,15,16,17,18,24,25,26,27,28).

Si le SAS et le diabète de type 2 sont indubitablement liés, la nature de cette liaison demande de pousser les investigations plus avant, même si l’on sait que le traitement des apnées du sommeil a un retentissement positif sur le contrôle glycémique et l’obésité.

Le SAS et les maladies cardiovasculaires :

Des maladies cardiovasculaires telles que l’hypertension ou l’insuffisance cardiaque sont souvent associées au SAS (19,20,29,30), par exemple un apnéique léger sera deux fois plus susceptible de développer une hypertension (5,9), et le syndrome d’apnées du sommeil est associé à l’AVC, aux insuffisances cardiaques et aux maladies cardiaques ischémiques (21,31).
Plus un syndrome d’apnées sera sévère plus on risquera de rencontrer une ou plusieurs maladies cardiovasculaires, et la coexistence d’une maladie coronarienne avérée et d’un SAS augmentent les risques d’accident cardiovasculaire et de décès (2,/33)

Et pour le traitement ?

Pour les patients apnéiques la perte de poids est une stratégie efficace lorsqu’ils sont en surpoids, et le traitement par PPC permettant un meilleur éveil diurne tend à faire augmenter l’activité physique et les interactions sociales, qui aident à réguler le métabolisme glucidique.

Dans le cas des maladies cardiovasculaires, le traitement par PPC peut s’avérer utile, par exemple les insuffisants cardiaques peuvent en voir leur condition améliorée (23,41).

Dépistage :

Chez les personnes atteintes d’un SAS la présence d’un trouble métabolique est à rechercher,  les paramètres métaboliques sont importants dans la prise en charge de cette maladie.

Lorsqu’un patient est atteint d’un diabète de type 2 on ne recommande pas un dépistage du SAS, car le traitement par PPC n’influe pas sur le métabolisme. La recommandation est de dépister les personnes ayant des symptômes classiques (ronflements et arrêts respiratoires, somnolence diurne), ou celles présentant également une hypertension, car le traitement par PPC peut avoir une influence bénéfique chez eux.

Lorsqu’un patient est diagnostiqué apnéique il est nécessaire de l’orienter vers un spécialiste des troubles du sommeil, afin de préciser la sévérité du syndrome et de mettre en place le traitement le plus approprié.

En résumé : Le diabète de type 2 et le SAS sont des pathologies répandues que l’on rencontre souvent associées, la prévalence du SAS chez les diabétiques de type 2 est élevée et inversement, surtout chez les patients présentant également un trouble du métabolisme.

La recherche scientifique a un rôle important à jouer dans la caractérisation des liens existant entre SAS, diabète de type 2 et syndrome métabolique, qui sont des pathologies en pleine expansion, dont l’impact sur la société est de plus en plus important.

La sensibilisation des médecins et des patients à ces maladies et les actions de prévention ont un grand rôle à jouer, rappelons qu’une des premières indications pour le traitement des apnées du sommeil comprennent une perte de poids et une diminution de la consommation d’alcool, qui peuvent naturellement améliorer en parallèle les paramètres influant sur le diabète ou les troubles cardiovasculaires.

 

(1)   Atlas du diabète, 3ème édition, Fédération Internationale du Diabète, 2006

(2)   Young T, Palta M, Dempsey J, Skatrud J, Weber S, Badr S: The occurrence of sleep disordered breathing among middle aged adults. NEJM 328:1230-1235, 1993

(3)   Young, T, Shahar E, Nieto FJ, Redline S, Newman AB, Gottlieb DJ, Walsleben JA, Finn L, Enright P, and Samet JM: Predictors of sleep-disordered breathing in community dwelling adults: the Sleep Heart Health Study. Arch Intern Med 162: 893-900, 2002

(4)   Resnick HE, Redline S, Shahar E, Gilpin A, Newman A, Walter R, Ewy GA, Howard BV, Punjabi NM: Diabetes and sleep disturbances: findings from the Sleep Heart Health Study. Diabetes Care 26(3): 702-709, 2003

(5)   Meslier N, Gagnadoux F, Giraud P, Person C, Ouksel H, Urban T, Racineux JL: Impaired glucose-insulin metabolism in males with obstructive sleep apnoea syndrome. Eur Respir J 2(1): 156-160, 2003

(6)   Meslier N, Gagnadoux F, Giraud P, Person C, Ouksel H, Urban T, Racineux JL: Impaired glucose-insulin metabolism in males with obstructive sleep apnoea syndrome. Eur Respir J 22(1): 156-160, 2003

(7)   Coughlin SR, Mawdsley L, Mugarza JA, Calverley PM, Wilding JP: Obstructive sleep apnoea is independently associated with an increased prevalence of metabolicsyndrome. Eur Heart J 25(9): 735-741, 2004

(8)   West SD, Nicoll DJ, Stradling JR: Prevalence of obstructive sleep apnoea in men with type 2 diabetes. Thorax 61(11): 945-950, 2006

(9)   Elmasry A, Janson C, Lindberg E, Gislason T, Tageldin MA, Boman G:The role of habitual snoring and obesity in the development of diabetes: a 10-year follow-up study in a male population. J Intern Med 248(1): 13-20, 2000

(10)Elmasry A, Janson C, Lindberg E, Gislason T, Tageldin MA, Boman G:The role of habitual snoring and obesity in the development of diabetes: a 10-year follow-up study in a male population. J Intern Med 248(1): 13-20, 2000

(11)Al-Delaimy WK, Manson JE, Willett WC, Stampfer MJ, Hu FB: Snoring as a risk factor for type II diabetes mellitus: a prospective study. Am J Epidemiol 155(5): 387-393, 2002

(12)Punjabi NM, Shahar E, Redline S, Gottlieb DJ, Givelber R, Resnick HE: Sleepdisordered breathing, glucose intolerance, and insulin resistance – The Sleep Heart Health Study. Am J Epidemiol 160(6): 521-530, 2004

(13)Reichmuth KJ, Austin D, Skatrud JB, Young T: Association of sleep apnea and type II diabetes: a population-based study Am J Respir Crit Care Med 172(12):1590-1595, 2005

(14)Larsen JJ, Hansen JM, Olsen NV, Galbo H, Dela F: The effect of altitude hypoxia on glucose homeostasis in men. J Physiol 504 (Pt 1): 241-249,1997

(15)Braun B, Rock PB, Zamudio S, Wolfel GE, Mazzeo RS, Muza SR, Fulco CS, Moore LG, Butterfield GE: Women at altitude: short-term exposure to hypoxia and/oralpha(1)-adrenergic blockade reduces insulin sensitivity. J Appl Physiol 91(2): 623-631, 2001

(16)Oltmanns KM, Gehring H, Rudolf S, Schultes B, Rook S, Schweiger U, Born J, Fehm HL, Peters A: Hypoxia causes glucoseintolerance in humans. Am J Respir Crit Care Med 169(11): 1231-1237, 2004

(17)Spiegel K, Leproult R, Van Cauter E: Impact of sleep debt on metabolic and endocrine function. Lancet 354(9188): 1435-1439, 1999

(18)Gottlieb DJ, Punjabi NM, Newman AB, Resnick HE, Redline S, Baldwin CM, Nieto FJ: Association of sleep time with diabetes mellitus and impaired glucose tolerance. Arch Intern Med165(8): 863-867, 2005

(19)Bottini P, Dottorini ML, Cristina Cordoni M, Casucci G, Tantucci C: Sleep-disordered breathing in nonobese diabetic subjects with autonomic neuropathy. Eur Respir J 22: 654-660, 2003

(20)Dincer HE, O’Neill W: Deleterious effects of sleep-disordered breathing on the heart and vascular system. Respiration 73(1): 124-130, 2006

(21)Shahar E, Whitney CW, Redline S, Lee ET, Newman AB, Javier Nieto F, O’Connor GT, Boland LL, Schwartz JE, Samet JM: Sleepdisordered breathing and cardiovascular disease: cross-sectional results of the Sleep Heart Health Study. Am J Respir Crit Care Med 163(1): 19-25, 2001

(22)Peker Y, Carlson J, Hedner J: Increased incidence of coronary artery disease in sleep apnoea: a long-term follow-up. Eur Respir J28(3): 596-602, 2006

(23)Mansfield DR, Naughton MT: Sleep apnea and congestive heart failure. Minerva Medica 95(4): 257-280, 2004

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