Témoignage: Guérir, c’est possible

balanceL’apnée du sommeil est traitée de différentes manières, on connaît la PPC, les orthèses mandibulaires, et même la chirurgie. Naturellement, les médecins conseillent d’avoir une bonne hygiène de vie, afin de minimiser les facteurs aggravants du SAOS (éviter de prendre du poids, ne pas consommer d’alcool, dormir suffisamment…) mais présentent souvent cette démarche comme un complément au traitement.

Nous avons rencontré Denis, qui porte ses 67 printemps avec bonheur, il désirait nous faire partager son expérience personnelle de l’apnée du sommeil et mettre l’accent sur l’importance cruciale qu’a eu son changement de mode de vie sur ses apnées du sommeil.
Tout cela commence il y a cinq ans, par un accident et une grave lésion du genou qui cause chez cet homme alors actif et même sportif une immobilisation de 3 mois, une rééducation longue et douloureuse qui ne lui permet pas une réadaptation à la marche complète.
Cet accident est un coup dur, ses conséquences sont difficiles à accepter (statut d’handicapé, difficultés de déplacement, peur de se recasser le tendon car il reste fragile…) et Denis entre alors dans un cercle vicieux, il mange beaucoup, utilise sa voiture pour des déplacements qu’auparavant il effectuait à pied, son moral est maussade et il compense avec la nourriture et consomme de l’alcool quotidiennement.
Sa condition physique se dégrade, il grossit pour atteindre les 110 kilos, sa santé est mauvaise (cholestérol, diarrhées, douleurs…). Ces problèmes sont traités séparément, au coup par coup, il en arrive à prendre une dizaine de médicaments différents par jour. Il se rendait bien compte que son corps n’allait pas bien mais était dans une état de laisser-aller, de défaitisme par rapport à ce corps, par faiblesse, par mal-être psychologique, il se voyait décliner.
Lors d’une consultation, un médecin lui dit qu’il est obèse, c’est un choc, presque une insulte pour lui, il lui propose également un examen du sommeil, au terme duquel un syndrome d’apnées est diagnostiqué. Il découvre alors cette maladie dont il ignorait l’existence.

Son médecin lui propose un traitement par PPC, présenté comme porteur de bénéfices très importants (bon sommeil, diminution du stress, amélioration de la vie sexuelle…) et indispensable pour arrêter la dégradation de son état et d ‘éviter les complications cardiovasculaires qui le guettent.
Le masque et l’image de la machine génèrent une grande appréhension chez lui, mais il se plie consciencieusement aux recommandations de son médecin pendant les premiers mois de traitement, malgré le bruit (il changera sa machine pour une autre plus récente et silencieuse), les fuites du masque (entraînant une sécheresse oculaire et nasale), et l’évolution quasi-nulle de son bien-être.

C’est lors d’un voyage en Egypte, dans l’aéroport du Caire juste avant son retour en France, que Denis, essoufflé, chargé de ses bagages, freiné par son genou, se dit que c’en est trop, qu’il faut qu’il réagisse et prenne en main sa santé lui-même, éventuellement assisté par les médecins.
Dès son retour, il arrête l’alcool, et essaie de mettre en place un régime pour changer ses habitudes alimentaires. Les progrès sont très rapides (il perd 2 à 3 kilos par semaine) et au vu de cette réussite, il recommence à aimer son corps, à écouter cette « machine qui fonctionne très bien si on lui en donne les moyens », il sent une confiance qui se réinstalle.
Il reprend une activité physique, il fait des exercices de gymnastique (il a commencé doucement et maintenant il en fait 1h chaque matin), il se rend également à la piscine régulièrement (en Vélib’) pour faire de l’aquagym et de la musculation !
Le couple alimentation adaptée / exercice physique est gagnant, il a l’impression d’avoir retrouvé ses 40 ans et son moral est excellent, ces efforts sur son mode de vie se sont fait « dans le bonheur et le plaisir », il perd 35 kilos en moins d’un an et ne ressent pas de privation, sa nouvelle alimentation lui convient tout à fait, il prépare ses repas sur-mesure (il a élaboré lui-même son régime, le matin il mange du yaourt avec des graines (amandes ou noisettes), des céréales, deux fruits, et pour les autres repas beaucoup de poisson et des légumes, presque plus de viande rouge, très peu de formage, des huiles bio… « Il y a tellement de choses disponibles qu’on est obligé de trouver des choses saines et à son goût ».

Quelques mois après le début de cette démarche, il fait des analyses et son taux de cholestérol s’est normalisé, il arrête ses traitements médicamenteux qu’il considère comme des « béquilles » qui ne lui sont plus utiles, tout comme sa machine à PPC. Tous les tests qu’il passe alors voient leurs résultats s’améliorer de manière importante, ses médecins sont impressionnés, ils lui conseillent alors le port d’une orthèse d’avancée mandibulaire et lui proposent un rendez-vous quelques mois plus tard, mais il redouble d’effort pour ne pas avoir à la porter (entreprise couronnée de succès)
Actuellement, Denis suit avec bonheur, entrain et fierté son nouveau mode de vie, sa santé est très bonne et il est heureux d’avoir saisi sa chance, le corps qu’il a maltraité est maintenant un allié fidèle qu’il traite avec respect.

Lorsque nous évoquons Respir@dom, il précise que c’est une bonne chose d’informer les gens sur le syndrome d’apnées du sommeil, il aurait aimé en savoir plus avant d’y être confronté, mieux on connaît une maladie et mieux on est armé pour la combattre.
Il me dit également que la machine constituait pour lui une manière de traiter le symptôme, non les causes de son SAOS, c’est une aide, mais il pense que l’essentiel est de commencer par s’attaquer aux choses qui sous-tendent cette maladie.

Ce que Denis a fait est possible, mais il faut une conjonction de différents facteurs… Le déclic, qui donne la motivation; la persévérance, qui permet de stabiliser le poids , sans faire le yo-yo; le moral, enfin, car en période dépressive il sera très difficile de se motiver, d’où l’intérêt alors de l’accompagnement, par un médecin, un diététicien, ou pourquoi pas, par d’autres patients, comme ceux de la communauté de Respir@dom.

Dès que vous êtes prêt,  foncez!

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